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Plonger à Brest sans la vue : défi relevé

Mon podcast m’a récemment permis de rencontrer André, un non-voyant de 52 ans à la vie bien remplie. IL m’a appris que plonger à Brest sans avoir la vue n’était pas une chose impossible. Accompagné d’un guide, cet ancien standardiste explore les fonds marins avec les mains. Lorsqu’il s’élance vers l’inconnu, il s’imagine marcher dans une forêt remplie d’eau et apprécie beaucoup cette sensation. À ses heures perdues, il pratique également le surf dans la région brestoise. L’oisiveté n’est pas à son agenda.

Une initiation en piscine

C’est grâce au club handisport de sa ville qu’André a pu plonger à Brest de manière tout à fait fortuite. À la base, il faisait de la natation en loisir mais d’autres personnes du club lui ont proposé d’essayer cette activité. Puisqu’il aime découvrir de nouvelles choses, il a accepté l’invitation et le coup de foudre a été immédiat. Après avoir enfilé les palmes et le tuba, il n’a plus voulu les retirer. Une passion était née.

À l’assaut des fonds marins

À bord d’un petit zodiac avec quelques compagnons de route, le Brestois s’est vite dirigé vers les immensités des fonds marins. Il m’a raconté que sur le bateau, personne ne parlait. Sans doute le stress de partir à la conquête d’un élément à l’air amical mais finalement assez dangereux. Au moment de basculer en arrière pour descendre avec son guide, notre plongeur n’était pas fier. Une fois arrivé à huit mètres de profondeur, il se sentait comme un poisson dans l’eau. Il avait le bonheur de toucher les rochers, les coquillages et les nombreuses curiosités présentes dans cet espace mystérieux.

Comment respire-t-on sous l’eau ?

Assisté par une bouteille remplie d’air via un compresseur, le plongeur peut passer de longues minutes sous la mer en toute sécurité. Il possède un détendeur entre les dents qu’il mordille légèrement pour pouvoir être alimenté en oxygène. D’après mon invité, la sensation est étrange dans les premiers temps mais on s’y habitue rapidement. L’important est de rester calme en toutes circonstances. Le bruit des inspirations et des expirations est d’ailleurs le seul son que réussissent à capter les oreilles dans cet environnement hostile.

En équilibre sur une planche de surf

Ce sportif accompli ne se contente pas de plonger à Brest. Il est également capable d’affronter les vagues qui se succèdent sur les plages de la région. Bien accroché à sa planche, un bénévole l’oriente dans le bon sens et lui s’occupe du reste. Malgré son talent certain, il m’a tout de même avoué qu’il se prenait un bon paquet de gamelles au cours des différentes sessions. De retour sur la plage, il a souvent la tête qui tourne et a besoin de plusieurs minutes pour reprendre ses esprits. Qu’à cela ne tienne, il est de retour la semaine suivante pour relever de nouveaux défis.

Plonger à Brest, et peut-être plus loin

Le monde est si vaste qu’il serait dommage de se cantonner aux frontières de la Bretagne. En 2015, le club handisport d’André avait prévu un grand voyage à l’étranger. Malheureusement, ce projet n’a pas abouti pour des raisons de sécurité. Ces derniers temps, le Covid est venu perturber ces envies d’ailleurs. Cependant, l’homme de 52 ans ne perd pas espoir et espère pouvoir partir un jour. L’Inde est le pays qui l’attire le plus, notamment suite au visionnage d’un reportage au sujet des trains locaux.

Je te souhaite bon vent André et je te remercie d’avoir participé à mon podcast. J’espère que cet épisode vous a plu, on se retrouve la semaine prochaine pour parler de la fête de l’aïd en Indonésie, qui est venu marqué la fin du ramadan il y a quelques jours.

Passez une excellente semaine.

Guillaume

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