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Faire construire une maison à l’étranger sans se ruiner

Si quelqu’un m’avait dit, il y a dix ans de cela, que j’allais faire construire une maison à l’étranger afin que ma petite famille puisse profiter de la douceur de vivre de l’île de Java et du soleil réconfortant de l’Indonésie, je l’aurais pris pour un fou. Et pourtant ! Dans moins de deux semaines, les travaux de notre nouveau chez nous vont démarrer. Pour le moment, l’heure est à l’achat des matériaux divers et variés qui seront utilisés par notre équipe d’ouvriers pour nous bâtir notre logement de rêve.

Savoir se faire discret

En tant que seul blanc à des kilomètres à la ronde, autant vous dire qu’il m’est totalement impossible de me fondre dans le paysage. Si vous rajoutez à cela le fait que je suis aveugle, alors là, c’est encore pire. Je suis probablement aussi connu que le maire du village par les habitants du quartier. En temps normal, cette notoriété involontaire ne me dérange pas plus que ça. Je savais très bien ce qui m’attendait avant de venir. Le problème est qu’aujourd’hui, alors que je désire faire construire une maison en Indonésie, cette situation me dessert.

En effet, lorsque les vendeurs locaux voient arriver le Français du coin à la porte de leur échoppe, leur première réaction est de se frotter les mains. Je suis considéré comme une sorte de carte bleue géante généreusement approvisionnée qui va pouvoir faire péter les scores. Ainsi, pour éviter que l’achat des matériaux de construction comme le sable, les briques ou le ciment ne nous coûte les yeux de la tête, ma femme est allée faire toutes ces petites emplettes sans moi. Son père, un excellent négociateur, l’a accompagné pour faire baisser les prix. Au final, nous avons obtenu tout ce dont nous avions besoin à un tarif local, le tarif qui est habituellement appliqué à un villageois de base. Si jamais je m’étais montré, on en aurait certainement eu pour deux ou trois fois plus cher.

Des négociations interminables

Je ne remercierais jamais assez mes parents pour l’enfance formidable qu’ils m’ont offert. J’ai grandi à la campagne dans différentes maisons qui étaient toutes plus belles les unes que les autres, j’ai gambadé dans des jardins immenses, j’ai fait de la balançoire et des parties de foot endiablées à l’intérieur de nos propriétés. Du coup, quand je me demande à quoi devrait ressembler ma future demeure, je me remémore ma chambre d’enfant où j’écoutais mes morceaux de rap à fond et je veux que les plans de la prochaine piaule de mon fils soient parfaitement fidèles à ce lieu enchanteur.

Ma femme est un peu pareille. Elle aussi aime beaucoup la maison dans laquelle elle a fait ses premiers pas, une construction typique de l’Indonésie d’où je vous écris d’ailleurs ces quelques lignes. Alors comment faire ? L’un veut des fenêtres qui s’ouvrent des deux côtés, l’autre des grandes vitres à la verticale qui ne s’ouvrent pas. Monsieur veut une porte à la française, madame préfère le style javanais. Les discussions sont donc assez musclées vu le caractère bien trempé que nous avons tous les deux.

Nous avons tout de même réussi à faire des compromis. Mon épouse aura sa porte, j’aurais mes fenêtres. Notre chez nous sera donc un genre de mix entre nos deux cultures, à l’image de notre mariage finalement et également de notre petit Samir qui attend avec impatience que je finisse ma rédaction pour pouvoir aller faire un tour dehors.

Faire construire une maison à l’étranger : avec quel budget ?

C’est clairement le point le plus kiffant de toute cette aventure. Faire construire une maison en Indonésie est à la portée de tous. Je parle de cet archipel en particulier car c’est ici que je me trouve mais cette réalité est sensiblement la même dans bon nombre d’autres pays d’Asie du Sud-Est. Avec l’achat des matériaux, le salaire des ouvriers et les différents équipements que l’on prévoit d’installer à l’intérieur, on s’en tire pour un peu moins de dix mille euros tout compris, enfin normalement. D’après les parents de ma femme, le budget ne devrait pas trop être dépassé. Je reste prudent et je vous dirais si jamais mes prévisions étaient sous-estimées mais il est quasi certain qu’on se situera dans cet ordre d’idées.

Le second élément qui me fait vraiment plaisir est le temps total que prendra le chantier. Faire construire une maison à l’étranger, dans des zones que l’on qualifie de pauvres, est incroyablement rapide. Le chef d’orchestre, qu’on appelle peut-être maître d’œuvre en architecture ou quelque chose comme ça, en gros c’est le boss de l’équipe de travailleurs, m’a annoncé deux mois. Deux mois, ça paraît totalement dingue pour un projet aussi important. Les raisons de ces délais à peine croyables sont multiples. Premièrement les gars vont travailler sept jours sur sept, huit heures par jour, en se prenant une pause vraiment modeste, et puis dans les parages, il n’y a aucune norme à respecter. Aucun papier à signer, aucune visite d’expert. On se retrousse les manches et on fonce.

Pour dix mille euros et soixante jours de travail, je dois vous avouer que je ne prévois pas non plus de me faire bâtir un château. Notre habitation fera quarante-deux mètres carrés, avec une terrasse et un jardin. Ce ne sera pas Versailles, comme dirait mon beau-père, mais ça va quand même envoyer du lourd. J’ai hâte de pouvoir vous montrer les premières photos.

Avant ça, nous allons vivre notre dernière semaine de Ramadan ainsi que la fête de l’aïd. Des évènements que je ne manquerais pas de vous raconter dans un prochain podcast. J’espère que celui-ci vous a plu.

À la prochaine.

Guillaume

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